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Qu’est-ce que l’agoraphobie, la peur des grands espaces ?

Nous en entendons souvent parler mais savez-vous ce que signifie l’agoraphobie ? Contrairement à ce que l’on pense, elle peut aussi bien surgir dans des lieux où les individus se déplacent en masse que dans les vastes endroits déserts et des lieux clos peu fréquentés. L’angoisse est principalement ciblée sur la peur de ne pouvoir être secouru ou de se trouver dans l’impossibilité de pouvoir s’échapper.

! A différencier : L’agoraphobie est différente de l’ochlophobie qui représente seulement la peur des foules !

Agoraphobie

Vivre l’agoraphobie, ça fait quoi ? 

Imaginez-vous devoir partir de chez vous pour faire vos courses au supermarché aux heures de pointe.

    • L’idée de devoir être seul pour prendre les transports en communs,
    • L’idée de vous rendre au centre commercial,
    • Et ensuite de vous retrouver dans une file d’attente pour effectuer vos achats vous rend anxieux.

Vous ressentez :

    • votre cœur s’accélérer,
    • des tensions musculaires,
    • vous vous mettez à transpirer, etc.

Ces symptômes de l’anxiété vous conduisent inexorablement à éviter ces situations à moins qu’un proche puisse vous y accompagner et vous rassurer.

Le trouble panique et la peur des grands espaces, quel est le lien ?

Deux éventualités cliniques peuvent être retenues :

  • soit l’agoraphobie s’accompagne de trouble panique (dans 95% des cas)
  • soit l’agoraphobie est simple, c’est-à-dire qu’aucun antécédent de trouble panique n’a été identifié (5% des cas).

Le trouble panique se définit par la répétition d’attaques de panique pouvant survenir de manière inattendue. Autrement dit, ce trouble ne se déclenche pas nécessairement lorsque vous êtes directement exposé à l’objet ou à la situation redoutée.

Comme Henri Legrand du Saulle (1878) le soulignait, l’agoraphobe a « peur d’avoir peur », de ne pas pouvoir fuir, de ne pas pouvoir être secouru tout en y mêlant des sensations physiques susceptibles de devenir menaçantes.

Ce qui est curieux dans l’agoraphobie, c’est ce rapport à la solitude.

  • Vous pouvez tout à fait vous sentir seul tout en étant noyé dans une foule parce que vous n’êtes en relation avec personne.
  • Vous vous retrouvez avec vous-même, entouré de visages qui vous sont inconnus prenant la place de l’objet de réconfort attendu.

Cette carence relationnelle est un élément incontournable à prendre en compte. Vous avez à la fois besoin d’un fort besoin de sécurité et en même temps de liberté.

Pour cela, vous devez tout planifier avant de commencer une activité.

« Si je suis gêné ou que j’ai un malaise, comment pourrai-je faire ? »

Vous refusez les invitations à des repas assis, préférez prendre le vélo plutôt que le métro, évitez de trop vous éloigner de votre domicile pour rentrer rapidement en cas de panique…

Dans le cas où ces situations ne pourraient être évitées, vous ne manquerez pas de prendre des mesures préventives. Vous vous arrangerez toujours pour vous installer près d’une sortie au cinéma, ou pour vous placer juste derrière le conducteur de bus afin de le prévenir en cas de malaise, etc.

L’origine de l’agoraphobie, la peur des grands espaces 

L’origine du mot agora provient du mot grec désignant la place publique. En 1872, le neuropsychiatre berlinois Carl Westphal en fait une description clinique. Il indique que les individus agoraphobes souffrent de crises d’angoisse lorsqu’ils se retrouvent dans un espace étendu. Depuis, l’analyse a évolué et un manuel de psychiatrie (le DSM 5 : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) définit l’agoraphobie de la façon suivante :

« Anxiété liée au fait de se trouver dans des endroits ou des situations dont il pourrait être difficile (ou gênant) de s’échapper ou dans lesquelles on ne pourrait trouver aucun secours en cas de survenue d’une attaque de panique ou des symptômes de type panique (crainte du vertige ou de la diarrhée soudaine) ».

En Europe, 3% de la population souffrent de trouble panique et 1,7% d’adultes souffrent de l’agoraphobie. Cette phobie débute le plus souvent chez le jeune adulte entre 20 et 30 ans. Peu d’études auprès d’enfants ont été faites pour mesurer la prévalence de cette phobie, mais elle semble être rare chez les enfants.

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    L’agoraphobie et la phobie sociale, quelles différences ?

    L’agoraphobie peut ainsi faire penser à la phobie sociale, car elle donne d’une part un sentiment particulier de solitude au sein des autres et d’autre part une interprétation excessive des troubles liés au corps. Elle se diffère aussi de la démophobie qui est plus spécifiquement axée sur la peur des autres (dans ce cas, la place publique n’est plus associée à cette peur) et à l’ochlophobie qui est la peur de la foule (et non pas des gens individuellement). Ces différences sont subtiles et vous n’avez pas besoin de les connaître pour admettre que cela vous gêne.

    Que faire lors d’une attaque de panique ?

    Tout d’abord, il faut bien avoir conscience que même si la survenue d’une attaque de panique est un épisode extrêmement pénible pour la personne qui la vit, elle reste sans réel danger pour la santé. Malgré les sensations corporelles perçues qui peuvent indiquer le contraire, on ne peut pas “mourir” d’une attaque de panique.

    Toutefois, lorsqu’elle survient, deux attitudes peuvent vraiment aider.

    1. La première consiste, dès les premiers signes annonciateurs, à contrôler sa respiration. Des exercices de respiration en cohérence cardiaque tels que, par exemple, la respiration au carré (inspirez par le nez, retenez votre respiration, expirez, puis retenez votre respiration sur la même durée pour chaque étape) aideront à faire redescendre l’anxiété.
    2. D’autre part, il est essentiel de détourner l’attention des personnes victimes de crise de panique. La focalisation sur la respiration peut être, là encore, un moyen efficace.