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Les solutions pour vaincre la phobie scolaire

Que faire quand, du jour au lendemain, son enfant refuse de se lever pour se rendre à l’école ? Les parents se retrouvent généralement démunis face à ce type de situation et attendent souvent bien trop longtemps avant d’en parler aux enseignants ou à un professionnel de santé. La prise en charge ne doit pas être prise à la légère et doit se faire en étroite collaboration entre le jeune, l’école et le thérapeute.

Phobie Scolaire

Parler de la peur de l’école avec un professionnel de santé

L’approche thérapeutique doit être pragmatique, les objectifs doivent être clairs ! Il est impératif d’aider le jeune :

  • Au retour à l’école
  • A réduire sa souffrance et son handicap qui sont des caractères très invalidants du trouble.
  • A prévenir les complications en essayant d’agir (en mettant en place des aménagements).

Il est important de ne pas cautionner l’absentéisme par un certificat médical (c’est la loi). Il faut rappeler aux parents l’obligation scolaire. Cela nécessite une alliance thérapeutique avec toutes les personnes impliquées (enfant, famille, école).

Lorsque l’enfant décide de rencontrer un professionnel de santé, son suivi doit être limité dans le temps. Il ne sert à rien d’envisager des mois de thérapie puisque les conséquences de la phobie scolaire sont bien connues. Un contrat/programme thérapeutique avec la famille et l’enfant d’une durée déterminée sera proposée par le thérapeute.

Envisager, parfois, une période d’hospitalisation pour traiter la phobie scolaire

Dans le cas où aucune évolution n’est constatée, l’hospitalisation peut être envisagée. Elle est souvent longue (3 à 6 mois en moyenne) et consiste à rétablir les liens avec l’école. L’objectif consiste à aider le jeune à sortir des mises en conditions psychologiques qu’il s’est appropriées. En d’autres termes, il s’agit de l’aider à modifier les pensées et les croyances erronées sur les représentations qu’il se fait de l’école. Le traitement pour aider le jeune est souvent multidimensionnel. Des psychothérapies familiales (systémique), des thérapies individuelles et une approche cognitive et comportementale (TCC) sont mises en place. Bien qu’elles soient différentes, ces techniques ne s’opposent pas mais se complètent. Ainsi, l’enfant va entreprendre une sorte de rescolarisation au sein même de sa chambre d’hôpital. L’objectif est de lui permettre de retrouver le plaisir d’apprendre sans crainte de son trouble. Les exercices mathématiques sont bien souvent évités car ils représentent un trop grand risque de mise en difficulté et d’échec à l’égard du jeune. Un travail documentaire sera ainsi privilégié afin qu’il puisse reprendre plaisir à effectuer cette activité. Progressivement, il sera amené à franchir des étapes pour surmonter ses difficultés et apprendre à mobiliser ses ressources. Le jeune sera également amené à se confronter auprès d’autres enfants pour rétablir le lien social : il apprendra à effectuer un travail avec un petit groupe de personnes pour l’amener à se réaffirmer (en passant au tableau, en s’exprimant pour présenter des résultats, etc.)

Se libérer de sa peur de l’école par un retour progressif

Lorsque l’évolution des troubles et le travail effectué avec les équipes de santé se montrent satisfaisants, le retour très progressif à l’école est envisagé. Les cours seront quasiment proposés « à la carte » pour le jeune, après concertation entre l’école et le thérapeute. Il est primordial qu’il puisse les réintégrer à son rythme pour ne pas déclencher de rechutes. Ce travail s’effectue en étroite collaboration avec la famille, l’école et les professeurs. Certains établissements scolaires proposent de scolariser momentanément ces enfants pour favoriser ce retour progressif. Par exemple, la première semaine pourrait être consacrée à l’exploration de la phobie scolaire pour que le jeune puisse en comprendre les composantes principales. Progressivement, le psychologue scolaire apporte changement et désensibilisation sur les pensées scolaires. Il accompagnera le jeune pour l’aider à reprendre le plaisir de retrouver le chemin de l’école. Il l’aidera à travailler sur ce qui l’intéresse, et le confrontera de façon graduelle à des difficultés. Cela permettra au jeune de retrouver son autonomie et de lui apprendre à faire face aux futurs obstacles. Parallèlement, le travail avec les autres collégiens/lycéens pourra se faire en l’exposant par exemple en classe devant ses camarades. Cette intégration se fait sur plusieurs mois et c’est grâce à cette étroite alliance avec l’école qu’une amélioration significative est rendue possible.