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Êtes-vous victime de phobie sexuelle ?

A l’approche d’un moment intime avec un partenaire, vous commencez à paniquer ? Les scènes de sexe dans les films vous mettent mal à l’aise ? Vous pensez avoir un rapport au sexe un peu particulier ? Peut-être êtes-vous victime de phobie sexuelle. Cette phobie concerne l’intimité et tout ce qui peut s’y rapporter.

couple enlacé - phobie sexuelle

1. La phobie sexuelle, qu’est ce que c’est ?

La phobie sexuelle, ou génophobie, est la peur intense et irrationnelle des rapports sexuels. On va retrouver une peur de l’intimité, des contacts et de tout ce qui accompagne le rapport sexuel. 

D’autres peurs et phobies peuvent accompagner et renforcer la génophobie:

  • la nosophobie, qui est la peur d’être exposé à des virus, des bactéries ou d’autres germes
  • la gymnophobie, qui est la peur de la nudité (la sienne et/ou celle des autres)
  • la coïtophobie, qui est la peur de la pénétration, le plus souvent la peur d’être pénétré

De manière générale, toutes les phobies tournant autour de l’intimité, du contact et des relations sociales peuvent se présenter en association de la génophobie.

Le plus souvent, la génophobie concerne les relations sexuelles de manière générale, mais il peut arriver que la phobie se concentre sur certaines pratiques spécifiques, comme la fellation ou la sodomie. Un élément particulier de ces situations cause une anxiété intense qui ne s’étend pas au reste de la relation sexuelle, qui sera sécurisante. Il est cependant possible que la peur que cette situation se produise au cours de la relation sexuelle amène à un évitement total du sexe.

2. Comment se développe la phobie sexuelle ?

Comme pour l’ensemble des phobies (et des autres troubles psychologiques), plusieurs facteurs entrent en jeu et s’additionnent souvent jusqu’à la création de la phobie. On retrouve cependant certains éléments qui reviennent souvent dans le cas de la génophobie.

  • Un événement traumatique

La cause la plus fréquente de phobie sexuelle reste les événements traumatiques liés à la sexualité. Il va ici s’agir d’abus, d’agressions ou de viols. Ces événements sont d’une violence extraordinaire sur l’esprit humain et laissent souvent un impact qui dure dans le temps. Dans ces cas-là, la génophobie est souvent associée à un Etat de Stress Post Traumatique (ESPT), car les situations sexuelles rappellent le ou les événements traumatiques. Plus un événement aura été violent ou plus une série d’événements aura duré dans le temps, et plus le risque de développer un ESPT et une génophobie est élevé.
Toutes les victimes de violences sexuelles ne développent pas un ESPT ou une phobie sexuelle, mais cela peut grandement y participer.

  • Un évitement persistant de la situation

Une cause d’apparition et de renforcement des phobies est l’évitement des situations qui nous rendent anxieux. Éviter la situation vient renforcer l’anxiété et chaque évitement va venir accentuer cela, menant petit à petit à l’apparition d’une phobie. Cet évitement peut être causé par une première appréhension naturelle de la sexualité ou par d’autres facteurs qui rendent le rapport sexuel stressant.

  • L’inquiétude sur la performance sexuelle. Il existe chez certaines personnes une anxiété de performance tellement forte qu’elles en arrivent à éviter les relations sexuelles de manière générale, ce qui peut se transformer en phobie du sexe avec le temps. Ces inquiétudes peuvent être liées à la dysfonction érectile, à l’éjaculation précoce ou à la perception de la capacité à être “bon” au lit. La peur d’être ridicule ou de ne pas être assez performant cause une souffrance psychologique très intense qui s’associe à l’idée de l’intimité sexuelle.

L’image du corps. Avoir honte de son corps peut mener à une peur de l’intimité, car celle-ci sera associée à de la nudité et au fait de présenter son corps à quelqu’un d’autre, avec l’inquiétude d’être jugé ou moqué. Même sans ces réactions négatives, une personne avec une grande honte de son corps ne prendra pas de plaisir durant l’acte, davantage coincé dans ses pensées honteuses, persuadée que ses défauts sont la seule chose qui ressort de cette situation. Certaines personnes en arrivent à l’évitement complet des relations sexuelles pour s’épargner cette souffrance, ce qui peut mener à une génophobie.

3. Comment identifier la phobie sexuelle ?

Le critère principal de la phobie sexuelle, comme toute phobie, est la peur intense et irrationnelle d’un objet ou d’une situation, ici la peur intense, irrationnelle et disproportionnée des relations sexuelles. Le caractère intense, irrationnel et disproportionné de la peur se décide par rapport au contexte et à la situation.

Cette peur doit être persistante dans le temps. Il ne s’agit pas d’une situation isolée, mais qui s’étend à l’ensemble, ou à la majorité, des situations similaires.

L’évitement est un autre critère important du diagnostic. En l’absence de traitement, une personne avec une phobie sexuelle va éviter, autant que possible, toutes les situations sexuelles.

Des symptômes physiques de l’anxiété accompagnent souvent l’exposition à la situation : nausées, vertiges, souffle court, palpitations, sueurs et mains moites, boule au ventre et gorge serrée, entre autres.

Il est aussi important de différencier phobie sexuelle et asexualité, qui sont deux choses très différentes. Dans la phobie sexuelle, il y a une peur des relations sexuelles qui cause des difficultés dans la vie. Les personnes asexuelles, elles, ne ressentent tout simplement pas d’attirance sexuelle pour autrui, sans souffrance ou gêne par rapport à cela.

 

4. Comment traiter la phobie sexuelle ?

Le traitement recommandé dans le cadre d’une phobie sexuelle est la thérapie cognitive et comportementale, qui permet d’éteindre la phobie grâce à l’exposition.

L’exposition consiste à se mettre dans une situation, ou face à une situation qui nous cause de l’anxiété. Cette anxiété va naturellement finir par redescendre et permettra d’apprendre au cerveau à ne plus avoir peur de cette situation.

Il peut être difficile de réaliser une exposition à la phobie sexuelle avec un thérapeute classique. En revanche, l’utilisation d’un outil tel que la réalité virtuelle peut permettre de vous immerger dans une situation anxiogène grâce au casque et de réaliser une exposition avec beaucoup plus de facilité.