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Qu’est-ce que la peur de conduire ?

Vous est-il déjà arrivé d’éprouver de la peur, de ressentir des tremblements dans tout votre corps et d’avoir l’impression que vous perdiez le contrôle de votre véhicule lorsque vous rouliez sur l’autoroute ? Oui ? Alors peut-être souffrez-vous d’amaxophobie. Cette peur de conduire ou d’être installé sur le siège passager est bien plus répandue que ce l’on pourrait croire. Cette phobie diffère en intensité d’une personne à une autre et peut avoir des conséquences plus ou moins néfastes sur votre quotidien.

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La peur de conduire, c’est grave ?

La phobie de la conduite fait partie de la famille des phobies spécifiques, que l’on distingue généralement des phobies sociales ou encore de l’agoraphobie. Ce type de phobies porte sur des objets ou des situations qui génèrent des réponses anxieuses excessives, persistantes et contraignantes dans le fonctionnement de l’individu. Le problème : elles sont souvent négligées par l’entourage et même parfois tournées en ridicule. Pourtant, de la fréquence de confrontation à la situation redoutée peut naître une très grande détresse psychologique et une considérable altération de la qualité de vie

C’est particulièrement le cas pour l’amaxophobie qui, non seulement, se traduit par une peur intense de conduire mais s’étend progressivement à toutes les situations impliquant de la conduite, même en tant que passager, qui deviennent alors très problématiques (comme aller faire ses courses, partir en vacances, prendre le bus). L’anticipation anxieuse, qu’on peut concevoir comme la “peur d’avoir peur”, induit une charge mentale considérable qui contraint l’individu à organiser ses trajets et donc souvent sa vie autour de ce trouble.

L’amaxophobie ne peut pas se soigner sans traitement, ni suivi, sous peine de devenir un obstacle parfois insurmontable dans la vie quotidienne, professionnelle et même dans les rapports avec l’entourage.

Qui est concerné par la peur de conduire ?

La peur de conduire (ou amaxophobie) concerne autant les hommes que les femmes

Effectivement ! Contrairement aux idées reçues, c’est bien une phobie qui touche de plus en plus de personnes et ce, indépendamment du sexe comme de l’âge. En termes de chiffres, on sait que plus de 50% des personnes ayant eu un accident de la route ont, par la suite, développé une amaxophobie. Etant donné que toutes les personnes ayant peur de la conduite n’ont pas forcément été impliquées dans un accident au préalable, on estime qu’environ 5% de la population vit avec une phobie de la conduite plus ou moins marquée. En général, sans accident, l’apparition de cette anxiété se manifeste entre 30 et 40 ans.

L’origine de la peur de conduire

Les causes d’apparition de la phobie peuvent être très différentes d’une personne à une autre. En effet, l’amaxophobie peut être liée à une expérience traumatique en voiture. Le fait d’être impliqué dans un accident, d’être victime d’une agression au volant ou encore de voir d’autres personnes connaître ce genre de situations, peut amener à ressentir de véritables états de stress post-traumatiques (E.S.P.T) empêchant alors toute possibilité de conduire de nouveau à cause du souvenir traumatique associé. Toutefois, des situations anxiogènes moins extrêmes peuvent aussi mener  à développer une amaxophobie plus ou moins sévère. Le fait de simplement ressentir des symptômes d’une attaque de panique en étant au volant est un cas de figure fréquent qui peut amener à grandement redouter l’idée de remonter dans un véhicule.

La peur de la conduite peut aussi apparaître si vous êtes d’un tempérament anxieux car les personnes anxieuses de façon générale ont une tendance à envisager systématiquement le pire dans les situations. Elles peuvent ainsi plus rapidement se sentir envahies par leurs pensées catastrophiques lorsqu’elles sont en voiture. La peur de la vitesse peut également jouer pour associer, dans l’esprit des personnes concernées, la voiture à des sensations pénibles qui alimentent la phobie. 

Par exemple, si vous vous dites : « J’ai peur qu’il me soit impossible d’éviter un accident si je dois prendre la voiture. » Ou encore : « Si je crève je serai incapable de me débrouiller et de changer la roue tout seul ». Dès lors, vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour éviter de vous déplacer en voiture.

Des réactions intenses de peur différentes d’un individu à un autre

Elles peuvent apparaître lorsque vous vous retrouvez coincé dans les embouteillages, lorsque vous traversez un tunnel ou encore lorsque vous conduisez sur une autoroute… Ces situations sont si angoissantes qu’elles rendent vos mains très moites, font trembler tous vos membres et vous font transpirer considérablement. Vos réflexes n’en sont pas impactés pour autant et généralement vous trouvez le moyen de vous arrêter sur le bord de la route pour calmer vos émotions. La récurrence de cette situation, parfois inévitable dans certains cas, peut impacter votre état psychologique et provoquer chez vous de l’irritabilité, de la colère, des insomnies ou encore des maux de tête. 

A terme, cette phobie peut donc avoir des conséquences de plus en plus envahissantes sur votre quotidien. Elle peut vous empêcher d’aller faire vos courses, de rendre visite à vos amis ou encore de trouver un emploi, notamment ceux qui nécessitent de grands et de nombreux déplacements. Parmi les personnes victimes d’accident de la route, très sujettes à l’amaxophobie, 10% sont victimes de troubles dépressifs liés entre autres au stress post-traumatique mais aussi à la réorganisation de leur vie causée par les conduites d’évitement.

Enfin dans l’amaxophobie, on retrouve fréquemment un manque de confiance en soi. Cela se comprend puisque il vous faut prendre les commandes d’un véhicule qui pourrait s’avérer être très dangereux aussi bien pour les autres que pour vous-même, mais cela implique nécessairement de faire confiance aux autres conducteurs… Il y a donc une surestimation du risque qui se fait car la personne amaxophobe tend à percevoir ses capacités et celles des autres à contrôler leur véhicule respectif comme systématiquement insuffisantes. On parle alors de distorsion cognitive pour désigner les effets de perception de la réalité des personnes. Ce serait le filtre par lequel est interprété le monde et donne donc lieu à des pensées qui peuvent augmenter les sentiments inconfortables de vulnérabilité.

Les situations de conduite sources d’anxiété

Sur la route, les personnes amaxophobes sont particulièrement paniquées à l’idée d’avoir un accident. C’est une idée fixe présente du moment où elles entrent dans une voiture – et même bien avant – jusqu’à ce qu’elles en sortent. Néanmoins, d’autres situations font l’objet d’angoisses importantes. Sont redoutées notamment l’idée de perdre le contrôle de la voiture et d’être aux commandes d’un véhicule puissant. Les situations de conduite spécifiques comme la probabilité de conduire de nuit, dans des zones inconnues, sur des ponts, dans des tunnels, sur des routes escarpées ou des routes ouvertes, reviennent régulièrement comme des facteurs majeurs d’anxiété. Pour ce qui est du changement de voies et du dépassement, c’est à nouveau les distorsions à propos des compétences mobilisées pour la conduite tels que le temps de réaction, les erreurs de jugement qui sont perçus comme défaillants qui seront à l’origine de la réaction émotionnelle négative plus ou moins forte.

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