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Quel est votre niveau de glossophobie ?

Le “trac” est bien connu de tous, tout le monde éprouve de façons différentes et à des degrés différents de l’anxiété lors d’un discours, d’une présentation ou d’une performance. En revanche, lorsque le trac se fait trop intense et confine à la phobie, ceux qui en sont atteints se retrouvent comme enfermés, incapables de surmonter la terreur qui les paralyse.

Micro devant un public

1. Qu’est ce que la glossophobie ?

Il est très difficile pour vous de parler en public ? Une angoisse importante arrive lorsque vous devez vous présenter ? Rien que  l’idée de faire une présentation, un discours ou toute autre prise de parole est difficile à supporter ? 

La glossophobie est la peur de parler en public, devant un groupe plus ou moins grand. La glossophobie est l’une des phobies les plus courantes qui existe. Près de 75% des personnes déclarent être mal à l’aise à l’idée de prendre la parole en public. Jusqu’à 4 personnes sur 10 présentent une glossophobie plus ou moins intense. 

La glossophobie est présente et accentuée par différentes raisons : 

  • le fait de ne pas avoir l’habitude de parler en public et d’éviter ce types de situations. 
  • le fait de ne pas avoir appris à parler en public alors qu’il existe différentes techniques qui peuvent vous aider à vous exprimer
  • la peur de montrer vos émotions en public
  • les pensées négatives qui nous submergent à l’idée de parler en public : douter de soi, penser que l’on va se rendre ridicule, peur de décevoir les personnes qui nous écoutent…
  • avoir des difficultés à canaliser son stress
  • le manque de confiance en soi

2. Glossophobie et anxiété sociale

La glossophobie est souvent vue comme étant un symptôme de l’anxiété sociale et peuvent ainsi souvent être confondue. Dans une phobie sociale, la personne peut en effet craindre de parler en public comme une personne ayant une glossophobie. 

Cependant la glossophobie est un trouble différent de la phobie sociale. En effet, cette dernière est une phobie qui fait redouter toute situation sociale  et non pas uniquement la prise de parole. Tandis que les personnes qui souffrent de glossophobie ne vont pas montrer de phobie autre que lors de la prise de parole ou possibilité de prise de parole.

3. Quelle est son origine ?

Il n’y a pas une seule origine possible à la glossophobie. Elle peut être due à un traumatisme, à l’éducation ou par des facteurs héréditaires. Néanmoins, la phobie s’inscrit de manière durable et forte suite à tous les évitements de ces situations qui pourraient vous mettre à mal.

a. Origine traumatique

La glossophobie peut se déclencher à n’importe quel moment de la vie, suite à un traumatisme. Ce traumatisme peut être survenu il y a plusieurs années, ne pas avoir eu d’impact direct, et ressurgir, à un moment sans que vous vous y attendiez.

Par exemple, votre prise de parole devant un groupe de personnes qui se sont moqués de vous et ont jugé négativement votre présentation. Cet événement s’est inscrit en vous, et une situation similaire a déclenché à nouveau l’angoisse que vous aviez pu avoir à ce moment-là.

Vous pouvez également vivre le traumatisme par procuration. Vous avez entendu l’histoire d’une personne ou vu un ami qui a été dans une situation de prise de parole qui s’est mal déroulée et cela a engendré une angoisse intense chez vous dans ces mêmes situations.

b. Origine éducationnelle

Une surprotection familiale peut être à l’origine de votre glossophobie. 

Vous venez peut-être d’une famille dans laquelle vos parents, grands-parents, frères, sœurs … n’arrêtaient pas de vous de vous reprendre, de vous juger lorsque vous avez essayé de prendre la parole et ne vous laissez pas la place de vous exprimer.

c. Origine héréditaire

L’apparition peut être héréditaire. Si un de vos parents ou vos deux parents souffrent de glossophobie, vous avez plus de chance de l’être également.

Mais attention, la génétique à elle seule ne suffit pas à avoir cette phobie. En revanche, elle peut créer des prédispositions à votre angoisse face à ces situations. 

4. En quoi c’est handicapant ?

Lorsque nous avons peur de prendre la parole en public, nous créons souvent de l’évitement face à ces situations. Nous nous limitons donc dans nos activités physiques,culturelles, sociales et professionnelles. Cette phobie va vous empêcher de faire partie de certaines activités au sein de votre groupe d’amis, ou auprès de votre famille. Tel que le fait d’aller voir un spectacle pour lequel vous êtes susceptible d’être pris à partie par la personne, le fait de donner votre avis lors de discussions entre amis… 

Les personnes autour de vous, vont vouloir continuer ces activités, et vous risquez de vous sentir exclu. Cet isolement de votre groupe d’amis risquent de vous faire vivre des phases de déprime.

 

5. Quels symptômes ?

Les personnes souffrant de la peur de parler en public présentent une anxiété anticipatoire de ces situations et une tendance à l’évitement. Cette anxiété anticipatoire se déclenche dès que l’intervention en public est fixée, mais aussi avant toute situation où une intervention en public est possible (par exemple une réunion professionnelle). Vous pouvez être concerné dans le cadre de discours par exemple mais également lorsque vous participez à une réunion ou vous êtes susceptible de devoir répondre à différentes questions et donc de vous retrouver au centre de l’attention. En situation de prise de parole devant un public, la personne ayant peur de parler en public se trouve embarrassée, balbutie, ressent une augmentation du rythme cardiaque, des tremblements et des sudations…

6. Quelles conséquences ?

La glossophobie peut avoir différentes répercussions sur le plan professionnel. En effet, la personne va s’empêcher de prendre la parole en réunion, de donner son avis ou de faire des présentations. Elle peut s’empêcher de demander une promotion ou de l’aide dans son travail. Comme toute phobie, celle-ci peut apparaître du jour au lendemain et donc impacter certaines activités professionnelles qui ne posent pas de problématique particulière jusqu’à présent. 

Cette phobie peut également avoir un impact dans la sphère personnelle : avec l’impossibilité de prononcer des discours lors de certains événements types anniversaire, mariage… 

De plus, la glossophobie est fréquente chez les enfants-adolescents et peut impacter le parcours scolaire par une impossibilité de présenter des poésies, des exposés…

7. Quelques astuces pour gérer cette situation dans l’urgence

Avoir des stratégies alternatives peut vous aider à surmonter une situation anxiogène pour vous, mais ne résout pas vos difficultés. Il est donc important de pouvoir les utiliser en situation “d’urgence”, mais ne remplace pas un suivi thérapeutique. Le suivi thérapeutique vous permet de ne plus appréhender ces situations de manière durable.

a. Respirez

Apprenez à respirer de manière consciente. Gonflez bien votre ventre en inspirant par le nez. Laissez entrer l’air dans votre corps, et appréciez la fraîcheur de cet air qui entre en vous. Prenez votre temps. Expirez, par la bouche en dégonflant votre ventre.

b. Hydratez-vous

La déshydratation crée une forte fatigue et diminue donc les fonctions cognitives. Elle affecte donc l’activité cérébrale. Les tâches deviennent de plus en plus difficiles à effectuer lorsque l’on est déshydraté.

c. Trouvez de repères proches

Vous pouvez réduire votre champ visuel en restreignant l’espace autour de vous. Concentrez-vous sur un arbre près de vous, un rocher un peu plus loin… Si vous ne trouvez pas de repères trop près, imaginez le. Visualisez un point (blanc, noir, vert) dans votre direction, et concentrez vous dessus.

8. Quelle prise en charge ?

Bien que la réaction de combat ou de fuite ait bien fonctionné lorsque les humains devaient craindre des attaques ennemies et des animaux sauvages, elle n’est pas efficace dans une salle de réunion. Le fait d’aller à la racine de votre peur peut vous aider à prendre des mesures efficaces pour la gérer.

Comme toutes les phobies ou les anxiétés, plus elle est considérée et prise en charge tôt, plus il sera facile d’en faire disparaître les symptômes. En revanche, il n’est jamais trop tard pour se prendre en main. 

Un suivi thérapeutique est fondamental. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ont fait leurs preuves dans le traitement de la phobie du vide. Les Thérapies par Exposition à la Réalité Virtuelle (qui s’inscrivent dans une dynamique TCC) vont permettre de se confronter à ces situations anxiogènes afin de créer une habituation de celle-ci. L’exposition à ces situations phobogènes va se faire de manière graduelle, d’appréhender les techniques et les outils pour y pallier, de la relaxation pour écouter et accepter ses émotions. Petit à petit, l’anxiété face à ces situations va diminuer.