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SOUFFREZ-VOUS D’ANOREXIE MENTALE ?

Vous avez une peur maladive de grossir ? Vous recherchez toujours de nouvelles techniques pour perdre du poids, ou du moins pour ne pas en prendre ? Vous culpabilisez après chaque repas ? Le besoin de perdre du poids régit toute votre vie et votre quotidien devient difficile à gérer. Vous souffrez peut-être d’anorexie mentale.

personne qui se pèse

1. Qu’est ce que l’anorexie mentale ?

L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire, qui consiste à se priver de nourriture durant une longue période. Cette période peut durer des mois voire des années. 

L’anorexie mentale n’est pas liée à une impossibilité de se nourrir mais plus à un refus intentionnel de s’alimenter normalement, par peur de prendre du poids ou dans le désir d’en perdre. 

Une personne souffrant d’une anorexie mentale a une forte anxiété, une angoisse presque phobique, liée aux conséquences de l’ingestion d’aliments avec cette peur constante de devenir trop grosse. C’est pourquoi, nous allons, dans ce cas là, contrôler, constamment toutes les calories ingérées, allons augmenter notre activité physique, refuser de se nourrir de certains aliments et/ou régurgiter des aliments à la fin d’un repas. 

Il est estimé qu’une anorexie mentale dure, en moyenne, entre 1 an et demi à 3 ans, pouvant aller jusqu’à 5 ans. Au-delà de 5 ans, nous parlerons alors d’anorexie mentale chronique.

2. Pourquoi ce refus de se nourrir ?

Au début de la maladie, nous avons toujours envie de consommer des aliments, la faim se fait toujours ressentir et ce désir de manger est présent. Pourtant, nous refusons de nous nourrir. C’est une sorte de lutte pour ne pas céder à cette envie de manger. Cette lutte donne l’impression d’avoir le contrôle complet de son corps, et de décider quand il a besoin d’être nourri ou pas

Mais très vite, le fait de ne pas se nourrir amène à une perte de poids qui créé une forte satisfaction. Néanmoins, cette joie est éphémère, et on recommence à se priver de nourriture, ou à augmenter l’exercice physique pour retrouver cette satisfaction vécue. Nous entrons alors dans un cercle vicieux. 

Le plus difficile parfois à comprendre pour l’entourage c’est le fait qu’on ne voit pas toujours la maigreur de son corps, ou en tout cas, nous ne le voyons pas de la même manière que l’entourage. Mais c’est normal, car la perception de notre corps est déformé. L’anorexie mentale est associée à la “dysmorphophobie”. La dysmorphophobie est une préoccupation exagérée de son apparence physique, qui amène à une souffrance et à l’adoption de certains comportements pour y pallier.

 

3. Quelles origines ?

Il n’y a pas une seule origine à l’anorexie mentale. Nous allons parler d’origine multi-factorielle, même si elle est majoritairement associée à des troubles psychologiques, qui peuvent venir d’un trouble individuel ou d’un traumatisme. 

Les traumatismes liés à l’enfance peuvent avoir un impact néfaste sur l’image de notre corps, notamment un attouchement ou un abus sexuel. Mais tout ne se joue pas uniquement dans l’enfance, dans l’adolescence d’autres traumatismes, pouvant paraître, aux yeux de certains, “moins violents”, peuvent avoir un impact tout aussi néfaste comme un deuil ou une séparation par exemple. Des difficultés liées à l’accouchement ou des complications périnatales peuvent modifier l’image du corps de l’individu.

De plus, l’environnement familial peut avoir un impact sur l’image future de notre corps, il peut y avoir eu de la maltraitance dans l’enfance. Mais sans aller aussi loin, parfois la pression familiale et les exigences sont telles que cela a un impact sur notre corps. Par exemple, vos parents ont toujours attendu de vous que vous soyez le ou la meilleure. 

La pression sociale et l’environnement culturel jouent peuvent aussi jouer un rôle majeur dans l’anorexie mentale. En effet, les réseaux sociaux où beaucoup mettent des filtres sur leur corps ou leur visage, les émissions de télévision, les chirurgies esthétiques qui se démocratisent, les publicités sur différents médias etc.

Votre environnement professionnel et une pression professionnelle peuvent également jouer là-dessus. En effet, il y a plus de risques d’anorexie mentale dans certaines professions comme le mannequinat ou dans le monde sportif de compétition.

Pour finir, il est également possible que cela viennent d’anomalies dans certaines connexions neurologiques pouvant être génétiques ou non. En effet, les connexions sérotoniques (qui traitent l’humeur) et dopamiques (qui traitent la récompense) sont biaisées. Il y a une libération d’endorphine (hormone du plaisir) lorsqu’il y a un jeûn, ce qui est normalement libéré lorsque l’on mange.

4. Quels sont les signes de l’anorexie ?

Vous pouvez déceler des signes pouvant indiquer que vous ou un de vos proches souffre d’anorexie mentale. 

Dans un premier temps, son Indice de Masse Corporel (IMC) est inférieur à 17,5. Nous estimons qu’un IMC “normal” se situe entre 18,5 et 24,5.

Puis, vous pouvez constater qu’il y a une obsession liée à l’alimentation, que les calories sont comptées, que l’idée est de toujours diminuer l’ingestion d’aliments par exemple. Mais il peut se percevoir également dans la façon de s’alimenter, avec l’adoption de certaines pratiques ou l’évitement de certains lieux / certaines situations (ne plus manger avec des amies par exemple). Il y a aussi, souvent, une augmentation de l’exercice physique, avec des pratiques sportives excessives. 

Nous constaterons également qu’il y a une aménorrhée, de plus de 3 mois, chez les filles souffrant d’anorexie mentale. Il est parfois plus difficile de constater ce point-ci, puisque certaines filles prennent une pilule contraceptive qui supprime déjà les règles. 

Pour finir, nous pouvons le constater dans la manière d’être et de vivre. L’image de son corps prend une place prédominante au quotidien, il y a une certaine forme d’hyperactivité et un investissement intellectuel important.

5. Quels sont les critères permettant de diagnostiquer une anorexie ?

D’un point de vue plus médical, les professionnels vont avoir plusieurs critères qui vont leur permettre de poser un diagnostique sur une anorexie mentale, et de cette manière, évaluer s’il y a nécessité d’hospitalisation d’urgence ou pas. Quoi qu’il en soit, si vous avez le moindre doute, allez consulter un professionnel de santé qui pourra vous aiguiller au mieux. 

Dans un premier temps, il y a un refus catégorique d’avoir ou de maintenir un poids “normal”, avec le désir d’avoir un corps toujours plus mince. Ils vivent une grande peur qui est celle de grossir. 

Il est aussi constaté l’adoption de certains comportements qui peuvent paraître étranges, tels que l’incitation aux autres à manger, cacher de la nourriture afin qu’il ne les voit pas etc.

La culpabilité d’avoir mangé après avoir ingérer des aliments est toujours très présente également. C’est pourquoi on retrouve beaucoup de comportements compensatoires afin de se déculpabiliser (voire de se “punir”). Ces comportements compensatoires peuvent être le fait de vomir, d’ingérer des laxatifs ou de pratiquer encore plus de sport.

6. Quelle personnalité prédominante chez les personnes souffrant d’anorexie ?

Il y a certaines caractéristiques de personnalité que l’on retrouve beaucoup chez les personnes souffrant d’anorexie mentale. En effet, nous constatons une faible estime de soi particulièrement conséquente. Elle est généralement reliée à un fort taux de perfectionnisme.

Il n’est pas rare non plus de constater une anxiété, c’est-à-dire d’être facilement stressée ou angoissée, en particulier une anxiété sociale.

De manière générale, on retrouve le besoin de contrôler les éléments de sa vie, en particulier l’idée de pouvoir contrôler totalement son corps.

Pour finir, on trouve, chez quelques patients quelques TOC (troubles obsessionnels compulsifs) liés, ou non, à l’alimentation.

7. Quelles en sont les conséquences sur la santé ?

A court comme à plus long terme, l’anorexie mentale a de lourdes conséquences sur la santé physique. 

Il est possible que vous soyez régulièrement, et dès le début, confronté à des nombreuses crises de panique ainsi que de malaises, ou du moins, une sensation de mal-être (tête qui tourne, vision qui se trouble …)

Au fur et à mesure de nouvelles difficultés peuvent s’y ajouter : dénutrition, ralentissement de la croissance, perturbation neurologique. Du fait qu’il puisse y avoir des perturbations neurologiques, il y a également des perturbations émotionnelles et intellectuelles

Nous constaterons également une atteinte au niveau cardiovasculaire, c’est-à-dire qu’il y a un risque de diminution du rythme cardiaque, une augmentation de la tension artérielle etc. 

Il y a également l’apparition de la perte de cheveux

D’un point de vue digestif, on constatera des problèmes rénaux et de la constipation.

Des conséquences au niveau des os peuvent aussi de voir : il peut y avoir une ostéoporose, c’est-à-dire une diminution de la densité osseuse, mais également des complications dentaires (dues, entre autres, par l’acidité du vomi)

Pour les plus jeunes, il peut y avoir un risque de ralentissement de croissance, manquant de vitamines et d’éléments nécessaires au bon développement de celle-ci.

De ce fait, l’anorexie mentale diminue également le fonctionnement du système immunitaire puisqu’il manque au corps les ressources utiles à un système immunitaire efficace.

Pour finir, il existe de grands risques de décès liés à une dénutrition totale. En effet, 5% des cas d’anorexie (plus généralement d’anorexie chronique) amène au décès.

8. Quelles conséquences dans le quotidien ?

Au-delà de l’aspect uniquement sanitaire et physique, l’anorexie mentale a de nombreuses conséquences au quotidien. 

En effet, l’image du corps et l’estime de soi est si faible qu’on en vient à limiter nos interactions sociales et amoureuses. On limite donc nos activités sociales en évitant les restaurants avec les amis, les activités qui risquent de montrer les formes de notre corps (piscine par exemple). L’anorexie mentale finit donc par affecter toute la vie scolaire (ou professionnelle) et sociale. Il y a donc un isolement social important qui risque d’engendrer une dépression liée au manque de relations sociales et à la solitude. 

Pour les relations amoureuses, il est difficile pour quelqu’un qui n’aime pas son corps d’accepter qu’une autre personne puisse en être amoureux, et encore plus de risquer de devoir le dévoiler dans l’intimité. De plus, l’anorexie mentale entraîne une diminution de la libido.

Elle engendre également des difficultés intrafamiliales. En effet, les parents ou la fratrie ne comprennent pas toujours vos réactions, vos actions, vos pensées et la vision que vous avez de votre corps. Cela peut créer des conflits. Vous avez une attention toute particulière de la part de vos parents, qui se font du souci, et vos frères / soeurs, peuvent ne pas toujours comprendre ou être jaloux de l’attention portée sur vous. Cette dynamique peut créer de nombreuses querelles avec eux. 

D’un point de vue physique, l’anorexie mentale entraîne une fonte musculaire. Nos performances sportives sont donc amoindries, et nos capacités physiques plus faibles.

Pour finir, physiquement vous êtes plus fatigués car vous manquez d’apports nutritifs. Lorsque l’on est fatigué, nous sommes plus irritables et risquons d’être moins compréhensifs ou de moins accepter certaines remarques de la part de notre entourage.

9. Quelles sont les prévalences ?

Les femmes sont plus sujettes à l’anorexie mentale que les hommes. Il toucherait en moyenne 0,5% des filles et 0,003% des garçons.

L’apparition de ce trouble se fait majoritairement entre 14 et 17 ans, mais plus rarement, il peut être plus précoce et se développer dès l’âge de 8 ans. De nos jours, l’anorexie mentale a tendance à apparaître de plus en plus jeune. Il est également possible d’adopter des comportements anorexiques au-delà de 18 ans. Le pic du risque maximal est atteint aux alentours de 16 ans. 

L’anorexie mentale touche toutes les classes sociales, et pas uniquement les personnes les plus riches ou les plus défavorisées.

10. Quelles prises en charge ?

Une prise en charge précoce est fondamentale. Plus le diagnostic se fait tôt, moins le trouble dure. On compte, en moyenne 50% de guérison totale. Un diagnostic précoce permet de diminuer les complications à long terme, et de faire disparaître totalement les symptômes en moins de 5 ans. 

Une thérapie systémique (c’est-à-dire familiale) est préconisée. En effet, elle permet à chacun de trouver sa place et de comprendre le vécu de chaque membre de manière totalement individuelle pour unifier au mieux la fratrie et diminuer les symptômes d’anorexie mentale. Elle peut être accompagnée de Réalité Virtuelle qui permet de constater quelle image de son corps la personne perçoit, et donne plus de sens à ce que la personne vit et ressent. Durant cette thérapie, nous allons pouvoir partager des informations, faire des dialogues, jeux de rôles etc. pour que tout le monde puisse réapprendre à se connaître et à connaître l’autre. 

Une thérapie individuelle est également nécessaire et importante. Durant cette thérapie, il se fait de la remédiation cognitive. C’est-à-dire qu’il sera avancé un travail sur la rigidité cognitive et les pensées automatiques qui consolident le TCA afin de revenir dessus et de réguler les pensées. La réalité virtuelle est encore un outil indispensable au bon déroulement de cette thérapie, puisqu’on peut être exposé à des situations qui nous sont anxiogènes, en lien avec les aliments. En effet, on va être exposé à des aliments ou encore à l’image de son corps, ou à la perception de sa silhouette. Le but de cette thérapie en réalité virtuelle est de désensibiliser, et de déconditionner l’anxiété et le mal-être liés à la situation.

11. Qu’est-ce que le EAT-26 ?

Le EAT-26, est un test qui décèle s’il existe un risque d’anorexie au vu de certains comportements adoptés qui peuvent sembler anorexiques. Il ne permet pas de diagnostiquer une anorexie mais est un bon outil pour orienter sur l’éventuelle nécessité d’une prise en charge.

Ce questionnaire, qui a été validé scientifiquement, mesure la fréquence d’apparition de certaines attitudes caractéristiques liées au trouble du comportement alimentaire. Il se compose de 26 questions sur vos habitudes au quotidien. 

Reconnaître la possibilité qui vous souffrez d’anorexie mentale permet de pouvoir se prendre en charge le plus rapidement possible et de la manière la plus adaptée. 

Répondez de manière tout à fait honnête et naturelle. Vos réponses ne sont ni enregistrées, ni consultées. Ce test, ici, a pour unique but de vous aider à vous éclairer sur l’angoisse que vous pouvez ressentir et à vous aiguiller sur vos possibilités.