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Quelle différence entre peur et phobie ?

Peur ou phobie ? Il n’est pas toujours facile de différencier les deux.  Peut-être êtes vous impacté par des peurs dans votre quotidien personnelle ou professionnelle, mais pouvez vous vraiment parler de phobie ? A partir de quand doit t’on travailler dessus ? On entend souvent parler de phobie, nous allons voir ensemble ce que l’on entend par le mot “phobie” et comment vous pouvez être accompagné afin d’être plus serein dans certains environnements ou situations. Alors, quelle est vraiment la différence entre peur et phobie ?

La peur est une émotion normale, occasionnelle, qui se déclenche face à un potentiel danger réel. La peur va permettre d’enclencher des mécanismes psychologiques et physiologiques afin de se protéger de cette situation (faire face ou fuir par exemple). Ainsi, si je me retrouve face à un animal sauvage dangereux pour moi, tout mon corps va se préparer à fuir cette situation en apportant l’apport sanguin nécessaire dans les différentes parties de mon corps. Cette peur va donc permettre de me protéger face à un danger réel. On peut comparer cette peur à une alarme de maison par exemple. Une alarme de maison bien réglée, est une alarme qui va s’enclencher lorsqu’un intrus entre dans la maison, mais ne va pas s’enclencher lorsque le chat se déplace dans la maison. La peur, comme l’alarme de maison, est en capacité de détecter le danger réel. 

Si cette peur s’enclenche de façon trop répétitive, devient irrationnelle, incontrôlable et très intense, l’alarme n’est plus adaptée au danger réel. C’est comme une alarme de maison mal réglé, qui va s’enclencher dès que le chat fait sa toilette ou qu’une poussière tombe de la table de la cuisine. Dans le cadre d’une phobie le cerveau (reptilien) va avoir une mauvaise interprétation de la situation et va enclencher le signal d’alerte pour des situations qui n’ont pas un danger réel et immédiat.

Par exemple : si vous vous promenez dans la forêt et qu’en marchant il y a le buisson à côté de vous qui bouge un peu. Votre attention va se diriger vers ce buisson, va analyser rapidement la situation en regardant s’ il y a danger ou pas, si il n’y à pas de danger réel vous allez continuer votre route et oublier cet événement. Pour une personne qui souffre de phobie : en passant à côté de ce buisson qui bouge légèrement, son cerveau va de suite lui faire remonter une alarme de danger, avec tout un tas de pensées catastrophes liées (je suis sur que c’est un animal sauvage qui va me sauter dessus et me mordre ; c’est un serpent énorme qui me regarde et attend qu’une chose – me sauter dessus …). L’analyse de la situation va être dirigée uniquement vers ce qu’il pourrait se passer de pire, va enclencher tous les mécanismes en lien avec le danger, et la personne va fuir rapidement. Il y a également de forte chance que la personne ne veuille plus jamais passer par des lieux comme celui-ci et va donc commencer à les éviter. Cet incident ne sera pas oublié, mais va marquer la personne comme étant un moment où la peur était extrêmement intense.

Quelles sont les phobies les plus courantes ?

    Les phobies sont classés en 3 grandes catégories : 

    • Les phobies spécifiques : Les phobies spécifiques sont aussi appelées phobies simples. C’est une peur anormale d’un objet ou d’une situation. Cette catégorie de phobies regroupe plus de 6000 phobies différentes
    • La phobie sociale : Est une phobie en lien avec les activités sociales ou les situations de performance. Les personnes souffrant de phobie sociale vont avoir une peur excessive du regard des autres ou du jugement d’autrui. Dans cette phobie sociale on retrouve la peur de prendre la parole, la peur des symptômes en lien avec l’anxiété (peur de rougir, peur de trembler..) 
    • L’agoraphobie : peut être accompagnée de trouble panique. Les personnes souffrant de cette phobie vont avoir peur de se retrouver dans des lieux publics dans lesquelles elles ne pourraient s’échapper en cas de besoin. Les personnes vont donc avoir peur d’aller faire leur courses, voire de sortir de chez elles… Cette agoraphobie peut avoir lieu dans des endroits clos ou au contraire dans de grands espaces.

    Il est difficile de faire un classement des phobies les plus répandues. En fonction des études, des lieux … La répartition des phobies ne va pas être la même. Cependant, on retrouve régulièrement : la phobie sociale, l’agoraphobie ainsi que plusieurs phobies spécifiques telles que l’acrophobie (peur de la hauteur), la zoophobie (peur des animaux) et la brontophobie (peur de l’orage), arachnophobie (peur des araignées), aviophobie (peur de l’avion)…

    Quelles sont les causes de la phobie ?

    Plusieurs causes peuvent expliquer le développement des phobies : 

    • Cause génétique : Jusqu’à présent, les études n’ont pu démontrer un facteur génétique dans le développement des phobies 
    • Cause éducationnelle : Des parents qui souffrent eux même d’une phobie vont transmettre à leur enfant une vulnérabilité plus importante. Si l’un de vos parents à peur de la hauteur (acrophobie) et vous à répéter pendant toute votre enfance “surtout fait à attention à ca”, “ne t’approche pas s’est dangereux”…
    • Cause traumatique : Le développement des phobies peut également être expliqué par des événements traumatiques vécus : Si par exemple, vous avez eu un grave accident de voiture, cela peut engendrer une angoisse importante de reprendre le volant et donc amener à une amaxophobie (phobie de la conduite). Un traumatisme peut également se créer en étant témoin d’un événement (ex: voir un crash d’avion à la télévision)

    Il est parfois très difficile voire impossible d’identifier les causes du développement d’une phobie. Le fait de ne pas connaître la cause ou les causes exactes n’impact pas la thérapie ou son succès.

    Comment vaincre la phobie ?

    Il n’est pas aussi difficile qu’on le pense de se débarasser d’une phobie. Aujourd’hui une thérapie a particulièrement fait ses preuves dans la prise en charge des phobies. Les TCC qui sont les thérapies cognitivo-comportementales. Des professionnels formés à ce type de thérapie vont vous accompagner et vous aider à vous confronter aux situations angoissantes. Bien sûr, rassurez-vous, même si votre anxiété va monter, les expositions aux environnements anxiogènes sont suffisamment progressives pour que l’anxiété ne monte pas trop. Ces expositions peuvent se faire de différentes façons : par l’imaginaire, par la réalité virtuelle ou directement sur le terrain en réalité. Tout en vous exposant, il va vous aider à identifier votre anxiété, les sensations physiques et les pensées catastrophes qui arrivent lors des expositions. Le principe de la thérapie va donc être de travailler sur ces 3 pôles : 

    • Le comportement : éviter l’évitement en restant dans la situation anxiogène 
    • Les émotions : le thérapeute va vous apporter différents outils de gestion des émotions 
    • Les pensées : Identifier les pensées irréalistes pour progressivement les modifier en des pensées plus réalistes. 

    Le nombre de séances nécessaire varie en fonction des personnes et des problématiques, cependant, en moyenne il faut environ 12 séances pour éteindre la phobie.

    D’autres thérapies peuvent être utilisées dans le cadre des phobies tels que l’hypnose, l’EMDR…

    Les traitements médicamenteux : 

    Des traitements médicamenteux peuvent également être prescrit dans le cadre des phobies. Les médicaments ayant fait leurs preuves sont les antidépresseurs, car ces derniers ont une action plus étendue. 

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