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SOUFFREZ-VOUS D’ACROPHOBIE ?

Les activités en hauteur (escalade, randonnées en montagne, via ferrata, canyoning…), ou simplement être dans des lieux élevés sont autant d’activités qui semblent agréables lorsque l’on ne souffre pas d’acrophobie. Si vous souffrez d’acrophobie, ces passe-temps sont plutôt signes de souffrance pour vous.

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1. Qu’est ce que l’acrophobie ?

L’acrophobie est la peur excessive et irrationnelle dans un lieu surélevé ou particulièrement haut. Son nom est tiré du préfixe grec “accro” qui signifie “élevé”. C’est une phobie spécifique de situation, qui peut être handicapante dans votre vie sociale, professionnelle et quotidienne.

Cette angoisse extrême est jugée dysfonctionnelle car elle n’est pas liée à la réalité du danger de la situation. La panique peut se manifester en situation réelle (lorsque vous êtes au sommet d’une montagne), ou de manière imaginée

Cette peur peut également se faire par procuration. C’est-à-dire que vous avez peur lorsque vous voyez ou imaginez quelqu’un être dans une situation qui peut vous être anxiogène. Par exemple lorsque votre fils est au bord d’une falaise pour regarder le paysage.

2. Différences entre vertige et acrophobie

a. Le vertige

Le vertige est une réaction physiologique ou organique. C’est un trouble vestibulaire, c’est-à-dire des difficultés liées à l’équilibre. Le vertige peut donc être dû à une défaillance de l’oreille interne. En effet, l’oreille interne est un organe, qui, au-delà d’être utile pour l’ouïe, a pour but de synchroniser le mouvement de la tête et des yeux avec la posture du corps.

Bien que ce trouble ne soit pas grave, il peut rendre difficile certains aspects du quotidien de la vie. Nous allons ressentir un sentiment de perte d’équilibre, une sensation de risquer un malaise ou que le monde tourne autour de vous. Ces sensations peuvent se déclencher dans n’importe quel contexte (ex : debout dans la rue, assis sur une chaise, allongé etc.).

Une sensation de vertige peut durer plusieurs jours. Néanmoins, pour soigner un vertige, il est nécessaire d’aller voir un ORL qui vous aidera en ce sens.

b. Acrophobie

Contrairement au vertige, l’acrophobie n’est pas physiologique mais bien psychique. La peur est réelle mais le malaise n’est pas d’origine physique. Pour autant, vous allez pouvoir ressentir des sensations physiques provoquées par l’anxiété. 

Dans l’acrophobie, le malaise va apparaître en situation phobogène (c’est-à-dire dans une situation qui vous rend anxieux). Vous souffrez donc d’acrophobie lorsque vous vous sentez mal en situation de hauteur exclusivement (ou lorsque vous visualisez quelqu’un en hauteur). Cette situation peut être handicapante et vous limiter dans certaines activités.

La sensation d’anxiété n’est pas durable. A la différence du vertige qui peut perdurer plusieurs jours, l’angoisse manifestée dans l’acrophobie dure environ une vingtaine de minutes en situation. Pour traiter l’acrophobie, nous nous tournerons vers un psychologue.

3. Quelles origines à l’acrophobie ?

Il n’y a pas une seule origine possible à l’acrophobie. Elle peut être due à un traumatisme, à l’éducation, à la suite d’un problème de vertige ou par des facteurs héréditaires. Néanmoins, la phobie s’inscrit de manière durable et forte suite à tous les évitements de ces situations qui pourraient vous mettre à mal. Par exemple, lorsque l’on vous propose une randonnée, vous refusez sous prétexte que vous avez déjà un week-end à la plage. Si vous devez traverser un pont, vous faites demi-tour pour changer de route car celui-là vous met trop en difficulté.

a. Origine traumatique

L’acrophobie peut se déclencher à n’importe quel moment de la vie suite à un traumatisme. Ce traumatisme peut être survenu il y a plusieurs années, ne pas avoir eu d’impact direct, et ressurgir, à un moment sans que vous vous y attendiez.

Par exemple, vous êtes parti en balade en montagne avec votre famille lorsque vous étiez enfant, vous êtes passés très près de la chute. Cet événement s’est inscrit en vous, et une situation similaire a déclenché à nouveau l’angoisse que vous aviez pu avoir à ce moment-là.

Vous pouvez également vivre le traumatisme par procuration. Vous avez entendu l’histoire d’une personne ou vu un ami faire une chute depuis une falaise, et cela a engendré une angoisse intense chez vous dans ces mêmes situations.

b. Origine éducationnelle

Une surprotection familiale peut être à l’origine de votre acrophobie. 

Vous venez peut-être d’une famille dans laquelle vos parents, grands-parents, frères, sœurs … n’arrêtaient pas de vous dire de faire attention, de vous mettre en garde quant à certaines situations, vous interdisaient de faire certaines activités d’altitude de crainte qu’un danger survienne.

Votre famille a pu, par ailleurs, vous inquiéter davantage avec des histoires sur d’autres personnes qui ont eu des accidents en montagne ou depuis un balcon par exemple.

c. Conséquence de vertiges

Vous avez pu souffrir de vertiges et que vos symptômes se soient déclenchés dans une situation de hauteur. Votre cerveau a donc fini par assimiler les sensations de vertige aux hauteurs et a amalgamé la situation.

Lorsque vous êtes dans une situation de hauteur, vous ressentez alors les mêmes nausées ou les mêmes sensations que vous pouvez avoir dans vos moments de vertige.

d. Origine héréditaire

L’apparition peut être héréditaire. Si un de vos parents ou vos deux parents sont acrophobes, vous avez plus de chance de l’être également.

Mais attention, la génétique à elle seule ne suffit pas à avoir cette phobie. En revanche, elle peut créer des prédispositions à votre angoisse face à ces situations.

4. Quelles prévalences ?

Pour ce qui est de la population générale, l’acrophobie touche 2 à 5% des personnes. Il y aurait deux fois plus de femmes que d’hommes qui en souffrent. Elle toucherait également majoritairement les personnes de plus de 50 ans.

a. Seule phobie qui augmente avec l’âge

De manière générale, nos peurs d’enfance diminuent en grandissant. Les phobies qui ressurgissent viennent, le plus souvent dans une tranche d’âge qui se situe entre 15 et 30 ans. Elle a tendance à apparaître pendant l’adolescence. En revanche, elle peut surgir bien plus tard. La phobie des hauteurs serait la seule phobie qui puisse apparaître en vieillissant. Cela peut s’expliquer par différents facteurs.

b. L’équilibre

En vieillissant, notre sens de l’équilibre diminue, et nous appréhendons les hauteurs d’une manière tout autre. En effet, l’oreille interne fonctionne moins bien et impacte le système vestibulaire. Nous ressentons alors plus de sensations de vertiges liées aux situations en hauteur.

c. Sentiment de vulnérabilité

Lorsque nous vieillissons, nous avons un plus grand sentiment de vulnérabilité. En effet, nous avons plus conscience des conséquences de nos actions et nous avons peur de certaines réactions de notre corps. Il est vrai qu’avec l’âge, nous perdons en stabilité, et nous craignons de perdre cet équilibre dans une situation de hauteur.

5. Quels sont mes symptômes lorsque je fais une crise de panique liée à mon acrophobie ?

Lorsque vous êtes en hauteur (ou que vous voyez quelqu’un l’être), des sensations d’angoisse se font ressentir. Votre rythme cardiaque peut augmenter en créant une tachycardie qui vous met mal à l’aise. Vous allez pouvoir avoir une sudation excessive, et des frissons ou des bouffées de chaleur. 

Vous allez aussi pouvoir ressentir une sensation d’attraction vers le vide. Cette attraction vous fait particulièrement peur, et vous ne la comprenez pas. Vous pouvez aussi ressentir une sensation de perte d’équilibre, ou des étourdissements et des sensations de vertige. 

Si votre angoisse devient particulièrement forte, vous pouvez également avoir l’impression de manquer d’air et de ne plus savoir respirer facilement, avoir des douleurs physiques dans votre corps, des nausées, une sensation de dépersonnalisation (sortir de son corps, devenir fou, perte du contrôle de soi), impression que toute la situation est irréelle, une peur extrême de mourir etc.

6. Quelles conséquences sur votre vie ?

Lorsque nous avons peur du vide, nous créons souvent de l’évitement face à ces situations. Nous nous limitons donc dans nos activités physiques,culturelles mais aussi sociales. Cette phobie va vous empêcher de faire partie de certaines activités au sein de votre groupe d’amis, ou auprès de votre famille. Lorsqu’ils veulent faire des randonnées, des visites de certains monuments, des sports d’altitude, aller boire un verre sur un rooftop… Vous ne pourrez pas non plus réaliser certains travaux (monter sur une toiture, être sur un escabeau pour changer une ampoule etc). 

Les personnes autour de vous, eux, vont vouloir continuer ces activités, et vous risquez de vous sentir exclu. Cet isolement de votre groupe d’amis risquent de vous faire vivre des phases de déprime.

7. Astuces pour résister en situation

Avoir des stratégies alternatives peut vous aider à surmonter une situation lorsque vous êtes en hauteur, mais ne résout pas vos difficultés. Il est donc important de pouvoir les utiliser en situation “d’urgence”, mais ne remplace pas un suivi thérapeutique. Le suivi thérapeutique vous permet de ne plus appréhender ces situations de manière durable.

a. Respirez

Apprenez à respirer de manière consciente. Gonflez bien votre ventre en inspirant par le nez. Laissez entrer l’air dans votre corps, et appréciez la fraîcheur de cet air qui entre en vous. Prenez votre temps. Expirez, par la bouche en dégonflant votre ventre.

b. Hydratez-vous

La déshydratation crée une forte fatigue et diminue donc les fonctions cognitives. Elle affecte donc l’activité cérébrale. Les tâches deviennent de plus en plus difficiles à effectuer lorsque l’on est déshydraté.

c. Trouvez de repères proches

Vous pouvez réduire votre champ visuel en restreignant l’espace autour de vous. Concentrez-vous sur un arbre près de vous, un rocher un peu plus loin… Si vous ne trouvez pas de repères trop près, imaginez le. Visualisez un point (blanc, noir, vert) dans votre direction, et concentrez vous dessus.

8. Quel traitement ?

Comme toutes les phobies ou les anxiétés, plus elle est considérée et prise en charge tôt, plus il sera facile d’en faire disparaître les symptômes. En revanche, il n’est jamais trop tard pour se prendre en main. 

Un suivi thérapeutique est fondamental. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ont fait leurs preuves dans le traitement de la phobie du vide. Les Thérapies par Exposition à la Réalité Virtuelle (qui s’inscrivent dans une dynamique TCC) vont permettre de se confronter à ces situations anxiogènes afin de créer une habituation de celle-ci. L’exposition à ces situations phobogènes va se faire de manière graduelle, d’appréhender les techniques et les outils pour y pallier, de la relaxation pour écouter et accepter ses émotions. Petit à petit, l’anxiété face à ces situations va diminuer.