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AVEZ-VOUS PEUR DU NOIR ?

La nyctophobie, ce terme ne vous dit peut être rien, pourtant la phobie qui en découle est bien connue. La phobie du noir… Vous avez beaucoup de difficultés à rester dans une pièce dans le noir ? Vous vous sentez obligé d’allumer la lumière ? Peut être souffrez vous de nyctophobie. 

femme qui ne trouve pas le sommeil - nyctophobie peur du noir

1. Qu’est ce que la nyctophobie ?

La nyctophobie vient du grec “nycto” qui signifie “nuit” et du grec “phobos” qui signifie “peur”. Comme toute phobie , ce n’est pas seulement une peur de quelque chose, mais c’est une peur IRRATIONNELLE de cette dernière. C’est une peur qui touche principalement les enfants, mais les adultes peuvent également en souffrir. Par honte, les personnes souffrant de nyctophobie n’ose pas en parler à leur entourage, alors même que celle-ci peut avoir un impact important dans leur vie personnelle et professionnelle. 

Chez l’enfant, la peur du noir est une peur relativement commune, mais cette dernière est souvent passagère et les personnes en souffrant arrivent plus ou moins à la gérer. Cependant, lorsque cette peur commence à prendre beaucoup de place dans la vie nocturne de l’enfant ou de l’adulte, qu’elle commence à devenir insupportable et persistante, à ce moment-là on ne se situe plus dans la peur classique mais bien dans la phobie. Cette phobie peut entraîner des répercussions importantes tels que des troubles du sommeil, l’envie de dormir avec ses parents, de nombreux cauchemars…). 

On parle de “peur du noir”, mais bien souvent ce n’est pas le noir en lui même qui est anxiogène, mais la peur des dangers, de ce qui pourrait se cacher dans ce noir là.

2. La nyctophobie chez l’enfant

Pourquoi les enfants ont peur du noir ?

La peur du noir chez l’enfant arrive principalement entre l’âge de 2 et 5 ans. Le développement de cette peur s’explique notamment par le fait que c’est vers l’âge de 2 ans que l’enfant commence à comprendre qu’il perd ses repères lorsqu’il se retrouve dans le noir. Comment savoir s’ il n’y a pas un monstre qui se cache sous le lit ou dans le placard ? Et s’ il doit se lever, comment peut-il s’orienter alors qu’il ne voit rien ? Le noir plus le silence de la nuit, rendent les bruits d’autant plus importants, sans pouvoir en voir ou comprendre la source… L’enfant ne peut plus rien contrôler de son environnement. 

L’un des autres facteurs qui favorise le développement de ce type de peur est l’imagination débordante de nos petits. En effet, ils ont l’habitude d’entendre de nombreuses histoires concernant des animaux qui vont venir les manger… ils ont l’habitude de se créer tout un imaginaire qui vient favoriser les nombreuses possibilités de ce qui pourrait se passer dans cette pièce noir ou obscure.

 

Comment aider un enfant qui souffre de phobie du noir ?

Si votre enfant souffre d’une peur intense ou phobie de la peur, n’hésitez pas à mettre des mots avec lui sur ses ressentis. Essayez au maximum d’avoir une écoute bienveillante et compréhensive envers ce que vit votre enfant. Prenez le temps de le rassurer sur ses peurs. Vous pouvez lui expliquer que beaucoup d’enfant comme lui ont peur du noir. Vous pouvez lui rappeler toutes les fois où il a réussi à faire face à ses peurs et que cette fois-ci ce sera la même chose. Essayer de trouver avec lui les solutions les plus adaptées qui lui permettrait d’avoir moins peur dans le noir. 

Par exemple : vous pouvez l’accompagner afin de faire le tour de sa chambre, des placards et regarder avec lui sous son lit et ainsi le rassurer sur le fait que rien de s’y trouve. 

Vous pouvez également mettre en place une veilleuse pour le rassurer sur le fait qu’il a toujours une petite lumière dans la chambre. Vous pouvez également lui proposer de garder la porte ouverte s’il le souhaite.

 

3. La peur du noir lorsque l’on est adulte

Plusieurs explications existent concernant le maintient de la peur du noir à l’âge adulte. Il y a notamment la raison traumatique. Si vous avez vécu un événement traumatisant lorsque vous vous trouviez dans un environnement sombre ou noir par exemple.  Ce que l’on peut retrouver comme événement traumatique dans l’enfance, sont les fois où l’enfant a été mis dans le noir comme punition. On peut également retrouver les violences ou abus sexuels qui ont été commis la nuit.

Quels sont les symptômes de la phobie du noir ?

Parmi les symptômes physiologiques, on retrouve les mêmes types de symptômes que dans d’autres phobies : une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la sudation, des tremblements, difficultés à respirer, sensations d’oppression… Les symptômes physiologiques se rapprochent de ceux d’une  crise de panique.

On retrouve également des symptômes davantage psychologiques tels que la peur de la mort (en lien avec la thanatophobie), la peur de trouver des monstres dans la chambre, sous le lit, dans le placard… ce qui peut amener à des comportements de vérification importants (TOC)  et qui peuvent prendre du temps. On retrouve également des troubles du sommeil, avec la peur de s’endormir ou un sommeil agité. Le besoin d’éviter certaines situations peut nous amener à ressentir cette anxiété. 

En fin de compte, votre cerveau va associer le noir à des idées angoissantes et des dangers.

Quelles conséquences chez l’adulte de la nyctophobie ?

La nyctophobie peut avoir de nombreuses conséquences à l’âge adulte. En effet, si vous en souffrez, comme vu précédemment, peut être souffrez vous de trouble du sommeil en lien avec cette phobie, peut être avec vous beaucoup de difficultés à dormir, pour vous endormir ou encore présentez vous un sommeil agité. Ce manque de sommeil peut petit à petit impacter votre vie personnelle et professionnelle, avec des difficultés de concentration importantes, une baisse de la productivité.. De plus, le fait d’être fatigué va également diminuer votre système immunitaire et vous affaiblir.

4. Comment vaincre la nyctophobie ?

Il existe différentes façons de se débarrasser de la nyctophobie. 

Si vous souffrez vous même de cette phobie il y a des possibilités de réduire vos angoisses par vous même :

  • Évitez d’être dans l’obscurité totale en ne fermant pas les volets par exemple. 
  • Lire un livre : Lâcher le téléphone au coucher, pour prendre un livre, un bouquin que vous apprécierez, vous permettra de vous endormir plus serein et donc de faire moins d’angoisse face à la nuit. 
  • Identifier les différents bruits que vous pouvez entendre autour de vous, afin de vous rassurer sur les motifs de leurs présences. 

Parmi ces solutions proposées précédemment, certaines peuvent être considérées comme étant des solutions d’évitement. L’évitement peut aider lorsque la situation est beaucoup trop anxiogène, mais vient en même temps renforcer la phobie. C’est pourquoi, l’évitement n’est pas une solution pérenne. 

Vous pouvez également suivre une thérapie. Les thérapies les plus recommandées dans le cadre des phobies, sont les thérapies cognitivo- comportementales. Ainsi pendant les séances et en dehors des séances, vous allez travailler sur 3 pôles principaux  : 

  • Identification de vos émotions : L’identification des émotions et sensations physiques en lien avec cette dernière, va permettre d’entamer un travail de gestion des émotions. Le thérapeute vous apportera différents outils qui vous seront utiles dans le cadre de la phobie mais également au quotidien. Ces outils sont simples et adaptés à vous et votre problématique 
  • Identification des pensées dysfonctionnelles : “Etre dans le noir me rappel que je peux mourir à tout moment, si je me retrouve dans le noir complet je vais mourir”, “il y a quelque chose qui se cache sous le lit”… Toutes ces pensées qui tournent en boucle dans votre tête quand vient le moment de vous retrouver dans le noir. Le thérapeute va vous accompagner afin d’identifier ces pensées et à les modifier en des pensées plus positives et réalistes (restructuration cognitive). 

Modifier le comportement : Comme dans beaucoup de phobies, les personnes vont avoir tendance à éviter les situations anxiogènes. Le noir pouvant se retrouver dans différentes situations, l’évitement physique n’est pas toujours possible. Cependant d’autres types d’évitement peuvent être mis en place (telle que mettre une lumière, ne pas aller dans certains lieux susceptibles de se retrouver dans le noir …). Ainsi le thérapeute va vous accompagner afin que vous puissiez vous ré-exposer de façon progressive aux situations qui vous sont anxiogènes.