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SOUFFREZ-VOUS D’AMAXOPHOBIE ?

Vous vous sentez anxieux ou anxieuse en voiture ? Vous paniquez à l’idée de faire des longs trajets ? Certaines routes vous angoissent ? Vos réactions face à la route vous dépassent, et aujourd’hui vous ne supportez plus la situation ? Alors, vous souffrez peut-être d’amaxophobie.

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1. Qu’est-ce que l’amaxophobie

L’amaxophobie est la peur de la conduite ou d’avoir un accident de voiture. Elle fait partie de la famille des phobies spécifiques de situation. Elle se manifeste par une angoisse excessive face à une situation relative à la conduite. L’amaxophobie peut se caractériser par une détresse lorsque la personne est conductrice (sur certaines routes ou sur toutes) ou encore en tant que passager.

2. En quoi c’est handicapant ?

L’amaxophobie se manifeste par de grandes anxiétés face à la conduite amenant parfois à l’impossibilité complète de pouvoir utiliser la voiture. Pourtant selon le mode de vie et les distances parcourues, la voiture est indispensable. Elle peut être nécessaire pour le travail, pour les activités personnelles, pour récupérer les enfants, pour partir en vacances etc. L’amaxophobie peut alors être source de grande souffrance, car vous pouvez vous vos relations sociales diminuées, vos activités limitées, une journée de travail qui a démarrée de manière angoissante, des conflits liés à l’organisation de la maison etc. De plus, il est parfois difficile de ne pas être compris par votre entourage, qui ne perçoit pas la conduite de la même manière que vous et ne conçoit pas toujours votre anxiété face à la situation.

3. Quelle est son origine ?

Il n’y a pas forcément une seule origine possible à l’amaxophobie. Il est d’ailleurs souvent très difficile de déceler la source de son apparition. 

Il est possible que sa survenue fasse suite à un accident ou à un événement qui aurait créé, à court ou plus long terme, un état de stress post-traumatique. Il est possible que vous, ou un(e) de vos proches ayez vécu un événement lié à la route difficile, qui vous a fait connaître une sensation de mort imminente

Néanmoins, il est tout aussi possible que votre amaxophobie soit le résultat d’une autre origine plus sous-jacente. Cela peut-être une association d’idées faite par votre cerveau lorsque vous étiez dans une situation de conduite (anxiété due à un examen, tristesse due à une rupture amoureuse etc.). 

Mais, il est aussi tout à fait possible que votre amaxophobie soit associée à d’autres peurs, qui se sont retransmises dans ces situations de conduite. Si vous avez particulièrement peur de foule ou d’être coincés dans un lieu (claustrophobie ou agoraphobie), l’idée de conduire dans un tunnel ou dans les embouteillages est particulièrement difficile pour vous. Si vous êtes inquiets dans les espaces vides ou en hauteur (acrophobie), les ponts ou certaines autres infrastructures suspendues entraînent une anxiété. Si vous ressentez une certaine attirance inquiétante pour la vitesse, l’autoroute est source d’angoisse. Il n’est pas rare non plus de voir naître une grande peur de la perte de contrôle. Il serait impossible de rendre exhaustif toutes les raisons avec lesquelles l’amaxophobie pourrait être associée.

Il est aussi possible que votre peur de la conduite soit due à votre éducation. Il est possible que l’on vous ait répété sans arrêt, lorsque vous étiez plus jeune “fais attention”, “ne va pas trop vite”, “sois prudent”, “les autres sont dangereux” etc. Votre peur serait alors le résultat de toutes ces consignes qui ont servi de fil conducteur à votre jeunesse. 

L’apparition de l’amaxophobie peut être brutale ou apparaître de manière plus cachée.

4. Quels en sont les symptômes ?

L’amaxophobie se manifeste principalement par une attaque de panique. Cette attaque de panique est propre à chacun, et tout le monde ne ressent pas les mêmes sensations lors d’une situation d’angoisse. En revanche, il est fréquent que ce malaise se dessine par certaines sensations physiques comme une tachycardie (accélération du coeur), des difficultés à respirer (hyperventilation ou hypoventilation), fourmillements dans certains membres, sensations de nausées, sueurs, bouffées de chaleur, vertiges etc. 

Certaines sensations physiques laissent entrevoir certaines autres pensées plus latentes telles que l’impression de ne pas être réellement dans son corps (dépersonnalisation), que tout se qui se passe autour de nous n’est pas vraiment réel (déréalisation), ou encore être constante imagination de certains scénarii catastrophes (par exemple, on imagine que la voiture devant nous heurte la rambarde de sécurité).

Ces manifestations ne sont pas forcément présentes dans toutes les situations de conduite. Il est possible qu’elles se présentent uniquement lorsqu’il y a beaucoup de circulation, lorsque la route est inconnue, lorsqu’il y a des passagers à bord, lorsque vous êtes seul(e) etc.

5. Quelles conséquences ?

Les conséquences sont très diverses, affectant plus ou moins votre vie, en fonction de la manière dont vous le vivez. Néanmoins, ne pas conduire peut rendre difficile la possibilité de répondre à certaines exigences de votre vie personnelle (faire les courses, conduire les enfants à l’école, aller en vacances …). Cela rend votre quotidien plus compliqué, demande de l’organisation supplémentaire et peut engendrer, certaines fois des conflits intra-familiaux. En effet, vous ne pouvez pas aller à certaines destinations, votre conjoint(e) est bloqué au travail et il vous semble impossible d’aller récupérer votre fils / fille à son activité etc. 

De plus, vous avez l’impression de perdre en autonomie. Comme il vous est impossible de ne pas vous organiser pour aller à certains endroits, vous devez dépendre des autres (ami(e)s, partenaire, parent …). Vous avez l’impression, donc, de ne plus pouvoir répondre à vos envies ou à vos contraintes de la façon dont vous aimeriez les gérer vous-mêmes. Il est également possible que ce manque d’autonomie vous limite dans vos activités ainsi que dans vos relations sociales. Vous vous sentez alors triste de ne plus pouvoir faire des rencontres ou des ateliers qui vous épanouissent. Vous risquez alors de connaître des épisodes de déprime, qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent s’orienter vers une dépression. 

D’un point de vue professionnel, il est aussi possible que cela pose également problème. En effet, afin de se rendre à son lieu de travail, ou encore pour sa profession, il est parfois nécessaire d’être véhiculé. Ne pas pouvoir se déplacer entraîne des difficultés à trouver ou à garder son emploi.

Pour finir, à long terme, l’angoisse excessive est particulièrement mauvaise pour la santé. En effet, l’anxiété affaiblit notre corps, en particulier notre système immunitaire, et nous serons alors plus enclins à être facilement malades. Il est également possible que vous connaissiez des troubles du sommeil avec la sensation d’avoir un cerveau qui ne s’arrête jamais. A long terme, il se peut aussi que vous ayez des difficultés à respirer avec une diminution des fonctions pulmonaires, mais également une augmentation des risques cardio-vasculaires. Pour finir, votre appareil digestif risque également de subir des changements. En effet, vous augmentez vos risques d’ulcères ou de troubles digestifs. 

D’un point de vue physique, une anxiété excessive tend généralement tous les muscles du corps. C’est pourquoi, elle fait augmenter les risques de troubles neuro-squelettiques, c’est-à-dire, des pathologies telles que les lombalgies ou cervicalgies.

6. Quels critères ?

Il est difficile de considérer que seuls des critères spécifiques font foi de vérité. Néanmoins, il est important de comprendre les éléments qui caractérisent cette phobie. 

Dans un premier temps, l’amaxophobie fait ressentir une peur excessive et non raisonnée. Lorsque vous êtes en situation de conduite ou lorsque vous y pensez, votre anxiété s’intensifie et prend place dans tout votre esprit. 

Dès que vous êtes contraint(e) de conduire, vous angoissez de manière instantanée et très fortement, de façon déraisonnable. Et pourtant, vous êtes conscient que vos réactions sont disproportionnées et souvent irrationnelles. Que la vérité de danger n’est pas telle que vous l’imaginez, et telle que vous la subissez. Vous pouvez avoir l’impression que votre peur est complètement rationnelle mais que les autres, qui n’ont pas peur de la conduite, ne se rendent pas compte des dangers qui existent.

Vous pratiquez l’évitement au maximum. En effet, si la conduite n’est pas complètement indispensable, vous trouverez toujours des astuces pour ne pas être confronté(e) à la voiture (reporter un déplacement, prendre les transports, changer de route etc.). Et pourtant, plus on évite les situations, plus elles deviennent difficiles pour nous de s’y confronter à nouveau.  Si, par contre, vous ne pouvez pas éviter la situation, vous vous retrouvez dans une sensation de difficulté et de souffrance démesurée

Vous ressentez également que votre amaxophobie vous bloque dans certains aspects de votre vie, personnelle, professionnelle ou relationnelle. Vous avez vu un changement entre avant le début de votre phobie et après. Vous souffrez d’avoir perdu votre liberté et votre autonomie et regrettez toutes ces conséquences du quotidien que vous percevez. 

Pour finir, vous souffrez de la phobie de la conduite depuis plus de 6 mois. Elle est apparue rapidement ou doucement, mais vous sentez que cette phobie s’est installée depuis longtemps maintenant. Il est de plus en plus difficile pour vous de supporter cette situation.

7. Comment la prendre en charge ?

Vous avez l’impression d’avoir déjà essayé beaucoup de techniques thérapeutiques ou personnelles pour vous sortir de la situation, et que rien n’a pu fonctionner ? Il faut que vous trouviez la méthode qui vous convient à vous, personnellement. En revanche, il a été démontré que, dans les phobies, il est important de se confronter aux situations anxiogènes, et de ne pas s’adonner à l’évitement. L’évitement est la technique, consciente ou non, de ne pas faire face à la conduite. Il est donc important de s’exposer. Les thérapies par exposition ont fait, largement, leurs preuves dans la phobie de la conduite.

– Thérapies par exposition

Les thérapies par exposition font partie du suivi inscrit dans les thérapies cognitivo-comportementales. Elle a pour objectif de se confronter directement aux situations anxiogènes, c’est-à-dire, ici, à la conduite. De cette manière, vous pourrez ressentir vos émotions tout en faisant des exercices concernant la gestion des émotions, les pensées erronées, la relaxation, l’affirmation de soi etc. L’exposition va vous amener à, petit à petit, dédramatiser la situation. 

Néanmoins, l’exposition par exposition classique, c’est-à-dire, directement dans les situations réelles, peuvent parfois être perçues de manière “violente”. En effet, on vous expose directement à des situations qui vous mettent à mal, sans pouvoir contrôler l’environnement et vous laisser un espace d’habituation. Les thérapeutes ne sont pas toujours à vos côtés lorsque vous vous exposez. De cette manière, vous devez réussir seul(e) à mettre en place les stratégies vues avec lui en séance. C’est pourquoi, les thérapies par exposition à la réalité virtuelle ont encore davantage fait leurs preuves, puisque beaucoup plus douces et sécures.

Thérapies par exposition à la réalité virtuelle

Les thérapies par exposition à la réalité virtuelle (TERV) fonctionnent sur le même principe que les thérapies par exposition plus classique. Pour autant, cette thérapie associe technologie à suivi thérapeutique. Le travail sur soi se fait de la même manière, mais dans un environnement plus sécurisé et plus facile d’accès. Le thérapeute vous expose à des situations anxiogènes graduellement, et vous accompagne tout au long de votre avancée dans l’environnement virtuel. Il peut donc vous aider à vous approprier les différents outils, vous soutenir dans vos difficultés et comprendre ce que vous pouvez ressentir, directement au coeur de la problématique. 

De plus, le thérapeute a le contrôle du logiciel et des environnements. Il peut donc, très rapidement, vous exposer à des situations spécifiques, propre à vos difficultés (tunnel, embouteillage, routes de ville, autoroutes, ponts …). 

L’accès est facilité, il suffit d’un casque de réalité virtuelle, sans avoir besoin de se déplacer pour trouver un endroit précis pour faire le travail thérapeutique. Il est donc plus rapide et plus économique. Il est également plus facile d’associer les séances d’exposition à des séances de relaxation en réalité virtuelle.

8. Qu’est ce que la « Whetstone Vehicle Anxiety Questionnaire” ?

L’amaxophobie connaît très peu de questionnaires pouvant réellement répondre à cette anxiété.  C’est pour répondre aux différentes conséquences de la phobie de la conduite, qui est encore trop peu évoquée, que James Whetstone a créé, en 2020, le “Whetstone Vehicle Anxiety Questionnaire”. Cette échelle est le questionnaire d’anxiété face à la conduite de Whetstone. Ces questions permettent de mettre en exergue certains points importants qui sont caractéristiques de l’amaxophobie. Il a pour but de voir à quel point l’amaxophobie affecte votre vie.

Reconnaître le niveau d’anxiété face à la conduite permet de pouvoir se prendre en charge le plus rapidement possible et de la manière la plus adaptée. 

A travers ce questionnaire, vous pourrez avoir une idée de votre niveau d’anxiété face à la conduite. Répondez de manière tout à fait honnête et naturelle. Vos réponses ne sont ni enregistrées, ni consultées. Ce test, ici, a pour unique but de vous aider à vous éclairer sur l’angoisse que vous pouvez ressentir et à vous aiguiller sur vos possibilités.

9. Quelle prévalence pour l’amaxophobie ?

Il y a de plus en plus de personnes qui ont une phobie de la conduite actuellement. Jusqu’à présent, elle était très peu étudiée, et très peu évoquée. Mais durant ces dernières années, les recherches sur cette angoisse augmentent, même si elles restent encore trop faibles. 

On estime que plus de 50% des personnes ayant eu un accident de la route ont, par la suite, une amaxophobie. Mais, toutes les personnes ayant une anxiété face à la conduite n’ont pas forcément expérimenté un accident de la route. C’est pour cela, que d’une manière générale, on estime qu’environ 5% de la population vit avec une phobie de la conduite. En général, sans accident, l’apparition de cette anxiété se manifeste entre 30 et 40 ans.

10. Quelle solution ?

Il est important de ne pas laisser une anxiété grandir en nous. Même si elle nous semble faible et que l’on trouve des solutions alternatives, la phobie de la conduite peut prendre encore plus de place et vous gâcher complètement la vie. Plus vous laissez cette phobie s’immiscer en vous, plus il sera difficile de vous en sortir. 

Les thérapies par exposition à la réalité virtuelle (TERV) ont fait leur preuves dans les phobies. On estime que plus de 80 % des phobies ont pu être traitées grâce à cette thérapie. 

L’exposition, dans les thérapies cognitivo-comportementales, permet un travail sur différents aspects, qu’ils soient du fond (sentiment anxieux par exemple), ou de la forme à l’instar de la situation d’évitement aux environnements anxiogènes. 

Les thérapies par exposition à la réalité virtuelle permettent de s’approprier des sensations physiologiques de la panique, et ainsi d’en diminuer sa fréquence. En effet, la réalité virtuelle permet de faire un travail d’habituation à la situation, tout comme le ferait la thérapie cognitivo-comportementale en exposition in-vivo (c’est-à-dire dans la réalité). 

Elle permet de créer un environnement similaire à la réalité, tout en étant facile d’accès.  L’exposition est complètement sécurisée puisque le thérapeute a un accès direct à ce qu’il vous propose, et peut interagir à tout moment afin que vous puissiez gérer vos difficultés plus facilement et que vous ne vous sentiez pas abandonné. 

Vous avancez donc selon sa temporalité et êtes suivi dans votre progression tout en étant exposé à des situations que vous n’auriez pas pu penser surmontables

De cette manière, vous pourrez retrouver sereinement votre trajet et vous laisserez derrière vous ces obstacles qui ont pu vous gâcher le quotidien.