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Reconnaître les symptômes de l’agoraphobie et la peur des grands espaces

L’agoraphobie peut apparaître soudainement ou se développer de façon progressive, notamment entre 18 et 35 ans. Il est plus rare en revanche qu’elle survienne après la quarantaine. Des réactions physiques et émotionnelles apparaissent face à des situations particulières et provoque alors la peur… Voici comment reconnaître les symptômes de la peur des grands espaces.

Agoraphobie

Agoraphophie et troubles paniques

Dans 95% des cas, l’agoraphobie s’accompagne d’un trouble panique. Beaucoup de thérapeutes commencent, dans un premier temps, par traiter les attaques de panique de leurs patients avant de traiter l’autre entité, celle de l’agoraphobie. C’est une phobie relativement complexe à traiter car les conduites d’évitement sont multiples. Si vous souffrez d’agoraphobie, vous n’avez pas seulement peur des espaces étendus en ville (tels que des parcs, places, jardins), vous craignez aussi la nature (océans, champs, lacs), les espaces clos (ascenseur, avion, train, pièce sans fenêtre), les espaces en hauteur ou encore les souterrains. En somme, ce sont toutes les situations dans lesquelles il vous est impossible de vous échapper… Bien souvent, c’est le caractère intense de ces troubles qui pousse ceux qui en souffrent à consulter un professionnel de santé.

Un sentiment de détresse

Le simple fait de devoir vous rendre dans ces espaces peuvent générer des attaques de panique occasionnant un sentiment de détresse. Le manuel de psychiatrie (DSM-5 : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) décrit l’attaque de panique comme une montée soudaine de peur ou de malaise intense atteignant un pic en quelques minutes et durant laquelle au moins quatre symptômes de la peur des grands espaces parmi les suivants apparaissent :

  • Palpitations, battements de cœur ou accélération du rythme cardiaque
  • Transpiration
  • Tremblements ou secousses musculaires
  • Sensation de « souffle coupé » ou impression d’étouffement
  • Sensation d’étranglement
  • Douleur ou gêne thoracique
  • Nausée ou gêne abdominale
  • Sensation de vertige, d’instabilité, de tête vide ou impression d’évanouissement
  • Frissons ou bouffées de chaleur
  • Sensations d’engourdissement ou de picotements
  • Déréalisation (sentiment d’irréalité) ou dépersonnalisation (être détaché de soi)
  • Peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou
  • Peur de mourir

Ces symptômes de la peur des grands espaces doivent survenir brusquement et atteindre une phase d’intensité maximale en quelques minutes seulement pour poser le diagnostic. Possédez-vous ces symptômes ?

Des attaques de panique

Le trouble panique, cette fois ci, se caractérise par la survenue d’attaques de panique récurrentes et inattendues. L’une de ces attaques de panique doit être suivi de l’un ou des symptômes suivants pendant au moins un mois (ou plus) :

  • Crainte persistante ou inquiétude d’autres attaques de paniques ou de leurs conséquences : par exemple, perdre le contrôle, avoir une crise cardiaque, « devenir fou ».
  • Changement de comportement important en relation avec les attaques : par exemple,  évitement de situations non familières.

Les symptômes spécifiques à la peur des grands espaces, l’agoraphobie

Après avoir recherché les symptômes permettant de poser le diagnostic d’un éventuel trouble panique, ce sont les symptômes marquant spécifiquement l’agoraphobie qui pourront être relevés. Toujours selon le manuel de psychiatrie (le DSM-5), elle est marquée par les critères suivants :

  • La peur et l’évitement d’au moins deux des cinq situations suivantes : transports en communs, lieux publics ouverts, lieux clos, les files d’attente, être seul à l’extérieur du domicile.
  • La personne évite ces situations car elle redoute essentiellement d’être sans secours ou qu’il lui serait difficile de s’échapper de la situation
  • Les situations provoquent presque toujours une peur ou de l’anxiété
  • Elles sont activement évitées et nécessitent un accompagnant, ou sont subies avec une peur intense ou de l’anxiété
  • La peur et l’anxiété sont disproportionnées par rapport au danger réel
  • La peur, l’anxiété ou l’évitement durent au moins six mois
  • Ces symptômes entraînent une détresse ou une gêne sociale et professionnelle
  • Si une autre maladie est présente (inflammation, maladie de Parkinson), la peur, l’anxiété et l’évitement sont nettement excessifs
  • Ces symptômes ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental.

Conséquence de l’agoraphobie ou la peur des grands espaces

L’anticipation phobique

La première conséquence directe de toutes ces sensations physiques désagréables perçues dans les situations problématiques pour vous va être l’anticipation phobique, ou anxiété d’anticipation. On peut assimiler ce mécanisme à “la peur d’avoir peur”. Vous redoutez désormais autant votre réaction potentielle dans la situation qui vous angoisse que la situation elle-même. Cela a pour effet que vous ne voulez plus sous aucun prétexte affronter l’objet de votre peur, ce qui renforce activement l’idée souvent déjà bien ancrée dans votre cerveau que vous faites face à un très grand danger et la panique de s’y retrouver confronté. Dans le cas de l’agoraphobie, vous pouvez très vite vous retrouver à ne plus sortir de chez vous autant à cause de l’angoisse que les lieux publics suscitent que parce-que vous avez peur de faire une crise d’angoisse au milieu de tout le monde et d’être jugé pour cela.

Le développement d’un comportement d’évitement

Ce qu’il faut retenir dans l’agoraphobie, c’est que l’anxiété d’anticipation, les objets contraphobiques (notamment les personnes qui vous accompagnent pour vous rassurer lors de vos déplacements), les conduites d’évitement, de sécurité et de fuite constituent un ensemble d’éléments qui s’imbriquent entre eux. Si vous en souffrez, vous considérez comme dangereux le fait de faire une attaque de panique dans certains lieux ou certaines situations. Ainsi, vous planifiez et évitez au maximum les situations qui pourraient vous rendre anxieux et déclencher une attaque de panique.

Agoraphobie et charge mentale

Ces comportements d’évitement finissent par obliger les personnes souffrantes d’agoraphobie à composer constamment avec une charge mentale de plus en plus importante. Si c’est votre cas, ce sera au final cette charge mentale qui orientera toute votre vie. Les nombreux empêchements résultant de la phobie détermineront vos choix et vos possibilités. Ces dernières seront d’ailleurs fortement limitées réduisant de fait considérablement votre autonomie. Vous tendrez à vous inscrire dans une relation de dépendance vis-à-vis des rares personnes qui arrivent à vous rassurer suffisamment pour fonctionner quotidiennement. Votre phobie se transforme par conséquent en poids pour vous comme pour votre entourage qui doit lui aussi s’adapter et s’organiser pour vous aider.

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